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Mairie

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Dossier

Non au plan anti-riverains d’Aéroports de Paris

 

Près d’un demi-milliard d’euros. C’est le montant faramineux que va dépenser la société Aéroports de Paris pour agrandir les infrastructures d’Orly et accueillir les très gros-porteurs. Une décision qui va à l’encontre des intérêts des riverains, s’élève Didier Gonzales. Pour le maire de Villeneuve-le-Roi, ce projet remettrait gravement en cause les acquis environnementaux et menacerait notre sécurité, notre santé et notre cadre de vie. Entretien.

Villeneuve Magazine : Aéroports de Paris (ADP) vient d’annoncer un vaste programme de 450 millions d’euros pour « moderniser » l’aéroport d’Orly. Vous avez immédiatement réagi dans la presse en parlant d’un « plan anti-riverains ». Pourquoi ?
Didier Gonzales : Tout est parti d’un article du quotidien Les Echos, qui a révélé l’affaire, le 3 octobre dernier. Jamais Aéroports de Paris n’a organisé la moindre concertation à ce sujet, tout se passe comme si les villes autour d’Orly n’existaient pas. Nous avons tout découvert dans la presse ! Cette manière est révélatrice d’un mépris pour les riverains. On y apprend que ADP va investir 450 millions d’euros pour relier les terminaux Ouest et Sud. Officiellement, pour améliorer le confort des passagers en transit (lire encadré p. 21). En réalité, pour augmenter les capacités de l’aéroport, puisque l’exploitant prévoit la construction d’une troisième aérogare et la réalisation d’un terminal adapté aux gros-porteurs de type Airbus A-380, Boeing 747 ou Boeing 777. Son objectif est clairement affiché : faire passer Orly de 27 millions à 40 millions de passagers d’ici 2018, soit une hausse de 50 %. Cette fois, ADP tombe le masque en nous présentant un véritable plan anti-riverains. C’est évidemment inacceptable et nous avons déjà commencé à organiser la riposte.

Quelles seraient les conséquences pour les habitants survolés, notamment par les gros-porteurs ?
DG : A titre de comparaison, un Boeing 747 au décollage émet autant d’oxydes d’azote qu’une Clio sur 160 000 km. Des mesures de bruit réalisées à Villeneuve-le-Roi par l’ACNUSA et la Mairie ont prouvé que les gros-porteurs sont plus nuisants que les avions moyens-courriers. Par définition plus lourds et plus chargés, ils décollent plus bas que les autres. Et quatre réacteurs feront toujours plus de bruit que deux ! Mais plus d’avions, c’est aussi et surtout plus de risques. Souvenons-nous de l’Airbus de la Tarom en 1994, où l’on avait frôlé la catastrophe. C’est d’ailleurs cet événement grave qui avait conduit le ministère des Transports à prendre un arrêté pour plafonner à 200 000 par an le nombre de mouvements aériens sur l’aéroport d’Orly. Enfin, l’augmentation des nuisances entraînerait une dévaluation de nos patrimoines.

Selon vous, les projets d’ADP risquent de remettre en cause ce plafonnement du trafic aérien ?  
DG : Il faut savoir qu’Aéroports de Paris n’a jamais respecté le plafonnement des 200 000 mouvements aériens. L’année dernière, il y a eu 230 000 mouvements et cet été, nous avons assisté à une pointe record du trafic. Dans ces conditions, en passant de 27 à 40 millions de passagers, comment croire qu’ADP puisse respecter le plafonnement annuel ? Aéroports de Paris se moque des riverains. D’ailleurs, de nombreuses compagnies low-cost (« à bas coûts ») affichent déjà la couleur : elles demandent purement et simplement la suppression du plafonnement. Aujourd’hui, le plafonnement, demain, le couvre-feu nocturne ? Nous ne pouvons pas laisser faire.

Aéroports de Paris parle seulement d’une « modernisation » de ses infrastructures...
DG : S’il ne s’agissait que d’une modernisation ou d’un relooking, on y serait favorable, mais il s’agit en réalité de créer un nouveau terminal dédié aux gros-porteurs. En fait, ADP prépare le déplafonnement d’Orly pour répondre à la croissance de la demande. Tous les experts le confirment : le trafic aérien international, en hausse continue, doublera dans les vingt prochaines années. Plus que jamais, il y a urgence à construire l’aéroport du futur en dehors des zones urbaines, comme le font déjà de nombreuses autres capitales.
ADP a affirmé qu’il augmentera le taux de remplissage des avions et donc, que cela n’aura pas d’incidence sur le trafic aérien. Qu’en pensez-vous ?
DG : Le compte n’y est pas. On ne peut pas viser 40 millions de passagers rien qu’en augmentant le remplissage des avions. C’est si peu crédible de la part d’un exploitant qui ne respecte même pas la limitation du trafic qui lui a été imposée.

Vous proposez d’investir les 450 millions d’euros du plan ADP dans la rénovation du RER et le chantier du Grand-Paris ?
DG : Il faut rappeler que 52 % du capital d’Aéroports de Paris est détenu par l’Etat. Un Etat qui, bizarrement, ne trouve plus d’argent pour financer les RER ou le Grand Paris Express, mais qui trouve 450 millions d’euros pour développer l’aéroport plafonné et enchâssé dans les villes.

Quelles autres actions comptez-vous mener ?
DG : La municipalité a lancé une pétition qui a recueilli plus de mille signatures, pour exiger le respect absolu des 200 000 mouvements d’avions par an et l’allongement du couvre-feu, actuellement de 23h30 à 6h et qui n’est même pas respecté.
Le 17 octobre, nous avons ainsi organisé une manifestation à l’occasion de la conférence de presse d’ADP, qui nous en a interdit l’accès (lire ci-après). Il faut croire que pour celle-ci, la transparence, ça se limite à la netteté des vitres !

 

Le représentant associatif : « Si on ne bouge pas maintenant, on va vers un problème de santé publique »

Président-fondateur de l’association OYE 349, du nom de la balise (Oscar-Yankee-Echo) qui guidait les avions dans le secteur du Val-de-Marne, Luc Offenstein était présent à la manifestation du 17 octobre au terminal d’Orly Sud contre les projets d’Aéroports de Paris. Interview.


Pour quelles raisons êtes-vous venu manifester ?
Dans mon secteur, à Sucy-en-Brie, nous subissons 400 avions par jour à 500 m d’altitude, 365 jours par an. Pas de repos dominical, un avion toutes les trois minutes. Les nuisances aériennes, on connaît aussi ! Nous avons participé à cette manifestation parce que nous sommes persuadés qu’avec l’investissement colossal que va faire ADP sur l’aéroport d’Orly, il nous paraît invraisemblable qu’il se contente des 200 000 mouvements aériens par an, comme le prévoit la loi. De même, nous nous attendons à ce que les chambres de commerces et d’industrie du Val-de-Marne et de l’Essonne vont demander, une fois de plus, de « libérer » l’aéroport d’Orly. C’est tout cela qu’il faut empêcher. Après, il sera trop tard.
Aéroports de Paris promet qu’il n’augmentera pas le nombre de mouvements aériens. Qu’en pensez-vous ?
ADP ne nous dit pas la vérité. Son plan d’investissement vise à atteindre un trafic de 40 millions de passagers par an d’ici 2018. Or, il est impossible d’atteindre cet objectif avec le plafond des 200 000 mouvements. Cela ferait un ratio de 200 passagers par avion. C’est totalement impossible, à moins de ne mettre que des gros-porteurs type A 380 sur la plateforme d’Orly. Ou de déplafonner Orly, c’est là le vrai danger.
Que réclamez-vous ?
On sait que le trafic aérien international va doubler dans les 20-25 ans. Paris ne restera pas à l’écart de cette tendance. Au contraire, c’est la porte d’entrée de l’Europe. Oui, il faut répondre à la demande, mais pas sur Orly ni sur Roissy. C’est ailleurs que cela doit se faire. On ne peut pas tolérer un aéroport complètement enclavé  en tissu urbain comme l’est Orly. Ce n’est plus tenable et si Aéroports de Paris continue dans ses velléités d’expansion, cela deviendra un véritable problème de santé publique pour les riverains.

 

Manifestation des élus et des associations à l’aéroport : Pour « le respect absolu des 200 000 mouvements aériens par an »

Le 17 octobre dernier, une manifestation a rassemblé plusieurs délégations d’élus et de représentants d’associations de défense de l’environnement en provenance du Val-de-Marne et de l’Essonne. Elles ont remis une lettre ouverte au Premier ministre demandant solennellement de revenir sur le projet de développement de l’activité de l’aéroport.

10h30. La manifestation rassemblant élus et associations se tient à l’entrée d’Orly Sud. Les journalistes ont déserté la conférence de presse officielle d’Aéroports de Paris — qui se déroule au même moment — et viennent interviewer les élus qui expriment leur opposition au plan de développement de l’aéroport d’Orly. Leur mot d’ordre : « Respect absolu des 200 000 mouvements aériens par an ».

11h05. Un représentant d’ADP interrompt sa conférence de presse et vient rencontrer la délégation d’élus. Il se fait accueillir au son des sirènes des manifestants. L’exploitant de la plateforme aéroportuaire confirme l’investissement de 450 millions d’euros sur la plateforme d’Orly tout en assurant qu’il n’y aura « pas d’avion supplémentaire ». Réponse de Didier Gonzales et Nicolas Dupont-Aignan, maires de Villeneuve-le-Roi et de Yerres : « Commencez par respecter la réglementation en vigueur. »

11h20. Une délégation de manifestants tente de se rendre à la conférence de presse d’Aéroports de Paris, au dernier étage du terminal. A la sortie de l’escalator, le service d’ordre d’ADP interdit l’accès à la salle de presse au maire de Villeneuve-le-Roi. Un comble, alors qu’une grande partie de l’aéroport se trouve sur le territoire de la commune... Didier Gonzales remet néanmoins une lettre ouverte au Premier ministre, signée par les élus des communes concernées. Ils réclament au gouvernement de revenir sur ce projet, en tant qu’autorité de tutelle d’Aéroports de Paris. 11h30. La manifestation se disperse. Didier Gonzales file à moto vers le plateau de France 3 pour une interview en direct.

 

Bataille à la Région

Profitant du vote du Schéma directeur régional d’Ile-de-France (SDRIF), qui fixe les grandes orientations pour la région parisienne d’ici à 2030, le 25 octobre dernier au Conseil régional, le lobby aérien et ses représentants tentent de faire sauter le seuil des 200 000 mouvements aériens par an.

Non content de lancer un programme de réaménagement de l’aéroport pour accueillir les gros-porteurs, le lobby aérien et ses alliés s’en prennent aussi aux textes qui fondent la limitation de l’aéroport : le plafonnement des 200 000 mouvements annuels. Face à cette menace, la meilleure de nos protections s’appelle le Schéma directeur régional d’Ile-de-France (SDRIF) dans sa version de 1994. Il a valeur de décret et dans sa version actuelle :
- prévoit la limitation de l’activité d’Orly à 200 000 mouvements
- envisage la création d’un aéroport supplémentaire pour absorber l’augmentation du trafic.
Or, ce texte vient d’entrer en révision et dans sa version la plus récente, l’exécutif régional, sous l’influence du lobby aérien, a supprimé toute référence au seuil des 200 000 mouvements aériens. Et surtout, ne parle plus d’aéroport du futur.
Des amendements ont été déposés pour obtenir la réintégration « très timide » de la notion de seuil des 200 000 mouvements dans un texte « très décevant. La bataille à la Région ne fait que commencer.

 

Pour redynamiser son activité sans nuire aux riverains : maintenant, il y a urgence à proposer une vraie solution

Au fond, les projets de développement de l’activité d’Orly légitiment encore plus la nécessité de relancer « l’aéroport du futur » implanté sur un site mieux adapté, à l’écart des zones urbaines, comme l’ont fait nos voisins européens. Explications.

Il y a dix ans, un sujet faisait déjà l’unanimité : la nécessité de construire un troisième aéroport en dehors des zones habitées pour faire face à la hausse du trafic aérien mondial. Aujourd’hui cette hausse a même dépassé les prévisions. L’aéroport d’Orly est désormais sous tension dans les délais courts. On ne peut reprocher au directeur de l’aéroport de faire voler plus d’avion ni aux compagnies aériennes de désirer se poser de jour comme de nuit. En revanche, dans le contexte si particulier d’Orly (seul aéroport en zone urbaine) la responsabilité revient au pouvoir politique car l’Etat est actionnaire majoritaire de l’ADP. C’est donc lui qui décide du point d’équilibre, du seuil de dangerosité acceptable, du niveau au-delà duquel la santé publique est en jeu.
C’est au gouvernement de dire « non » au lobby aérien des low-cost (compagnies aériennes à bas coûts) car pour les riverains jusqu’à présent à peu près protégés par le seuil de 200 000 mouvements, le changement ne saurait être maintenant.
C’est encore au gouvernement de dire comment il compte absorber l’augmentation du trafic qui ne peut se poser sur l’aéroport d’Orly. Le Premier ministre vient de décider de transférer, vers un site plus adapté à son rayonnement, un aéroport enclavé dans la ville. Cette ville est Nantes. Ce qui est bon pour des milliers de Nantais doit aussi l’être pour des centaines de milliers de Franciliens. C’est aussi la solution retenue par de nombreuses capitales comme Hong-Kong, Munich, Oslo, Berlin.

Images extraites du journal de 13 heures de France 2. Le  24 septembre 1994, un Airbus de la compagnie roumaine Tarom manque de s’écraser lors de sa phase d’atterrissage au-dessus de Villeneuve-le-Roi. La catastrophe est évitée d’extrême justesse. L’affaire fait la une des médias. Tout le monde prend alors conscience des risques du trafic aérien en milieu urbain. L’Etat réagit en décidant de limiter l’activité de l’aéroport d’Orly à 200 000 mouvements par an : c’est le fameux décret de 1994, toujours en vigueur.

 
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